Chroniques

Chronique : Le Prioré de l’Oranger

Sorti fin février 2019, Samantha Shannon a commencé une nouvelle mais courte (1 tome) série. Le livre a été édité chez Bloomsbury Publishing et en français chez De Saxus.

L’histoire en elle-même fait 804 pages sur les 848 ! C’est donc un gros livre comme vous pouvez en juger avec la photo. Les autres pages concernent les cartes, un glossaire, la liste des personnages et une belle illustration de dragons.

J’ai pu rencontrer Samantha Shannon deux fois en dédicaces en novembre. Je reviens sur la première ici. La seconde sera disponible sous peu ! 😀

The Priory of the Orange Tree Carte
The Priory of the Orange Tree Carte

Résumé :

La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle…
Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages. Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.
De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence.
Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil… Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.


Vu le nombre important de personnages , je ne me limiterai qu’aux principaux, histoire de ne pas surcharger la chronique.

Les personnages :

Ead Duryan (du Zāla uq-Nāra) et Sabran IX : mon couple de personnages préférés de l’histoire. La relation qui se crée petit à petit avec la reine Sabran est vraiment bien développée. Du rôle d’inconnue à celui d’amante de la reine, Ead a traversé des épreuves. Tout les sépare : leur position, leurs croyances et leur personnalité mais à elles deux, elles se complètent. Ead est là pour épauler Sabran en proie à un doute grandissant et à ses peurs alors que Sabran apporte la tendresse et l’amour dont elle a manqués. Les moments qu’elles passent seules sont remplis de douceur, de tension (car les deux ont un gros caractère…) et de confiance. On y découvre une Sabran fragile mais qui essaye de ne pas le montrer, qui partage ses craintes.

You remember the first day we welked together. You told me about the lovejay, and how it always knows it’s partner’s song, even if they have been long apart’, Ead whispered to her. ‘My heart knows your song, as yours knows mine. And I will always come back to you.’ (Page 615)

Tané : en formation pour réaliser son rêve : celui de chevaucher un dragon, Tané s’est entraînée toute sa vie pour les sélections. Et comme Sabran elle est aussi fragile, elle pense qu’elle n’ai pas faite pour cela, qu’aucun dragon ne va la choisir et rien que l’idée de se retrouver sans rien l’effraie plus que tout. Grâce à toutes ces années de sacrifice, elle réussit finalement à faire partie de l’élite, à réaliser son rêve… jusqu’à ce que l’interdit qu’elle a brisé la rattrape et qu’elle se retrouve exilée au lieu d’être tuée.

Tout au long de l’histoire, on la voit évoluer, à mettre en jeu son rôle de gardienne, sa vie et celle de son dragon. Même si ses croyances sont mises à l’épreuve, elle les met de côté pour se concentrer sur la destruction du The Nameless One.

Miduchi Tané died when her dragon was taken. Since then, you have been her ghost. A vengeful ghost – restless, unable to move forward.

Niclays Roos : pauvre Niclays, exilé car il a trompé la reine Sabran IX en lui promettant une potion d’immortalité, il a passé le restant de sa vie sur l’île d’Orisima. Son amant est mort, il est éloigné des personnes qui comptait pour lui, la bouteille de vin n’est jamais très loin de lui : tout est fait pour qu’on le prenne en pitié, pour qu’on ressente quelque chose pour lui. Mais au-delà de cette pitié et de cette tristesse, on ressent aussi de la colère car notre ami est un égoïste qui ne pense qu’à lui-même. Il n’hésite pas à faire chanter Tané pour récupérer une partie de son dragon pour réaliser la potion. D’autres de ses actions nous font aussi ressentir de la pitié et de la colère envers cet homme, qui ne cherche finalement qu’à retrouver un passé perdu. La folie s’installe lentement en lui jusqu’à ce que Kaliba prenne la forme de son amant et opère un déclic en lui.

“You are a servant of the Nameless One.

Oh, nothing as exciting as that, Lady Tané. Just a lonely old man, trying to get off this island so I can die in my own country.”

Arteloth « Loth » Beck : ami intime de Sabran, un peu trop selon Seyton Combe qui l’exile lui aussi en lui demandant de participer à une mission suicide en jouant les émissaires pour aller dans le royaume qui vénère The Nameless One. Ce qu’il découvre là-bas, va le bouleverser : le roi est sous le contrôle des dragons mais sa fille va aider Loth en lui demandant d’emmener un artefact chez le Prioré de l’Oranger pour lutter contre leur ennemi commun. À partir de là, tout va s’accélérer, il va être obligé de comprendre d’autres cultures, d’adopter un point de vue moins dur sur les civilisations qui utilisent des dragons (opposés à ceux utilisés par le méchant). Loth est un personnage qui évolue vite et tout au long du récit, souvent contre son gré. Mais son ignorance est remplacée par une envie d’en savoir plus.

Would the world be any better if we were all the same?


L’histoire :

Samantha Shannon a réussi à créer un véritable monde où s’entrechoquent langages, peuples, personnages, religions et différends. Tout le long de l’histoire, on en apprend encore davantage sur la culture des différentes civilisations. Les nations doivent travailler ensemble pour vaincre la menace mondiale du plus grand des dragons. Petit à petit, on voit les liens se tisser, les alliances se forger, les royaumes mettre leurs différends de côté et tout cela grâce à des personnages qui ont sacrifié des rêves, des ami(e)s pour permettre au monde de ne pas se faire anéantir et soumettre. On assiste à un crescendo, cela commence doucement, puis les intrigues se développent jusqu’au point culminant. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’histoire de chaque personnage était liée, chaque fil se rejoint à la fin.

Samantha Shannon s’est inspiré de nombreuses histoires provenant de différents pays : l’histoire est une réécriture de la légende de Saint Georges et le Dragon. Son livre s’est aussi inspiré du poème d’Edmund Spenser nommé La Reine des fées et de l’histoire de Hoori ou Hikohohodemi. Divisé en douze livres, Spenser nous raconte l’histoire de plusieurs chevaliers, représentant chacun une vertu morale, qui combattent des créatures. L’autre légende raconte la vie de trois frères. Un jour, Hohodemi demande à ses frères d’échanger les objets magiques qui les représentaient. Malheureusement, ce dernier perd l’hameçon de son frère. Un peu plus tard, un kami l’envoie dans le palais des kamis où il épouse la fille du kami de la mer. À ce moment, le kami retrouve l’hameçon et le redonne à son beau-fils avec des rituels magiques et deux joyaux : un pour appeler la marée et l’autre pour faire l’inverse.

Cependant, la dernière partie est un peu trop entassée. Tout se déroule un peu trop vite, alors qu’il y avait moyen de faire durer cette histoire. Nous n’avons pas vraiment le temps de le voir en action, de comprendre cette crainte (à part dans les écrits laissés par ceux qui l’ont combattu avant).

Note : 4.5 sur 5.

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